Vivre sans enfant

Publié le par Aline

Il est peut être encore tôt pour penser à cela, je ne sais pas trop, le fait est que malgrés tout j'y pense. Certes, il y a des couples qui font le choix de ne pas avoir d'enfants pour de multiples raisons qui leur sont propres, cela n'a jamais été mon cas ( même si j'ai toujours présentie que cela ne viendrait pas tout seul vu que sans traitement je n'ai pas de régles). Comme toutes personnes, étant enfant, on imagine notre vie d'adulte et même si je n'ai jamais eu l'exemple parental, la vision d'un couple heureux et qui s'aime, ma vision du futur en tant que femme était malgré tout fondé une famille, avoir des enfants (j'en voulais six, oui enfant on n'a pas conscience de tout lol)  je vous rassure en grandissant j'ai revu mon taux à la baisse et plus les années passent, plus ce taux baisse. Ce qui est assez étrange, c'est que je me suis souvent imaginée le siége bébé/enfant à l'arriére de la voiture, le conduire chez la nounou, à l'école, jouer avec mes enfants, leur apprendre à lire, à écrire etc mais jamais je ne me suis imaginée enceinte, peut être est-ce normal ?! enfant j'avais aussi une idée en tête, je voulais avoir un petit asiatique (oui on a des idées farfelues enfant, tout cela parcequ'en vacances, j'avais aidé un petit de 3/4 ans, perdu dans le camping et il était trop mignon avec ses yeux amandes et ses cheveux très noir) enfin aujourd'hui la question que je me pose : "qu'est ce qui va me faire avancer dans la vie, si ce n'est plus ce rêve de fonder une famille ? qu'est ce qui va remplacer et faire que lorsqu'on me posera la question, je pourrais répondre et argumenter mon choix (qui finalement m'aura été imposé) de ne pas avoir d'enfants et l'assumer pleinement ? alors j'ai cherché un peu si je trouvais de bonnes excuses à vivre sans enfant, alors bien entendu, on parle surtout de carrière sauf que ce n'est pas mon cas, je n'occupe pas un poste avec une évolution importante. Qu'est ce qui fait que ces personnes vivent pleinement sans enfant ? quels sont leur objectifs dans la vie ? j'ai pu remarquer aussi qu'on parlait d'égoïsme, que c'était par pur égoïsme qu'on faisait des enfants, mais aussi dans le sens inverse, qu'on était égoïste quand on décidait de ne pas en avoir, qu'on ne pensait finalement qu'à soi ! et n'est ce pas encore plus égoïste de braver ce que la nature a décidé, de vouloir la forcer à nous laisser donner la vie alors qu'elle en avait décidé autrement ! il ne faut pas oublier que dans le FIV ICSI, il y a des risques de malformations, d'handicap, qui ne peuvent être détecté qu'après la naissance, et mettre au monde un enfant handicapé (que ce soit moteur, ou mental, ou les deux) n'est ce pas encore plus égoïste ? il n'a pas demandé lui à venir au monde et à devoir subir cette souffrance, cette différence, mais il sera trop tard, on ne pourra pas faire marche arrière et on devra assumer toute notre vie même si on aime son enfant, qu'il soit différent ou non, est ce que je ne me sentirais pas coupable et responsable de son malheur ?? non seulement envers mon enfant mais aussi envers mon conjoint qui devra aussi en subir la charge ! la réponse est bien entendu oui, je serais coupable et toute ma vie, j'aurai ce sentiment de culpabilité. Vous allez me dire qu'il ne faut pas penser à cela, qu'il faut continuer à rester positive, parceque si on regarde les statistiques, le nombre reste pratiquement identique que pour une grossesse normale, mais sur quoi se base t-on pour faire ces statistiques ? Ensuite, il y a la "solution" adopter, oui c'est une solution, ça permettra à un enfant de trouver des parents, une famille qui l'accueillera, l'aimera comme son propre enfant. Sauf qu'aujourd'hui, je ne me sens pas assez forte pour entamer les démarches, peut être aussi la peur qu'on me juge, qu'on trouve que l'environnement que je souhaiterai offrir à cet enfant ne convienne pas, que ma maison n'est pas assez grande, que mes revenus ne sont pas assez élevés, je ne sais pas ou  tout simplement peur. Pour le moment, je n'ai pas trouvé de réponse à mes questions, en tout cas pas de réponse valable, pas de nouveau objectif, peut être parceque j'ai ce désir d'enfants et qu'aucune réponse ne sera une bonne excuse pour vivre sans et se faire une raison, même s'il faut avouer qu'il faut mieux se faire une raison et être agréablement surpris que persister à penser avenir avec enfants et vous connaissez la suite ...

Pour conclure, voici un article, qui me semble intéressant : vivre l'infertilité : la spirale émotionnelle

source http://www.allianceetfecondite.org/desir/psycho/spirale-infertilite.html

L'infertilité constitue l'une des crises les plus profondes du couple. Elle menace tous les aspects de la vie à deux: elle n'affecte pas uniquement les relations entre les deux partenaires, mais touche également chacun individuellement, en affectant le sens du moi, les rêves d'avenir, les relations avec les parents, amis et collègues. Peu de crises mettent en question autant d'aspects psychologiques et sont aussi accablantes.

Pourtant, l'attention se concentre généralement sur les aspects physiologiques de la stérilité. Les conséquences psychologiques sont souvent ignorées et non traitées. Il en résulte pour la plupart des patients une souffrance intense et solitaire, qui augmente d'autant le stress et peut avoir une influence néfaste sur le résultat du traitement.

Les traitements de contournement de l'infertilité (assistance médicale à la procréation) connaîssent actuellement un taux de réussite comparables à ceux des grossesses naturelles (de l'ordre de 15 à 20 % de réusssite). Les couples infertiles devraient toutefois garder à l'esprit qu'en fonction de leur problème spécifique, une grossesse ne peut jamais être garantie.

Bien connaître et comprendre les aspects médicaux, ainsi que les problèmes personnels liés à la spirale émotionnelle de l'infertilité, aidera les couples à vivre leur stérilité et à trouver une solution si une grossesse ne peut être obtenue. Pour certains, cette solution consistera à poursuivre un traitement après plusieurs tentatives, d'autres trouveront une réponse dans l'adoption ou même dans le choix d'une vie sans enfant.

Quelle que soit la manière dont les couples cherchent à résoudre leur infertilité, ils doivent avoir pleine conscience du fait que le chemin à parcourir entre la prise de conscience du problème et sa résolution passe par différentes étapes, qui se caractérisent chacune par des problèmes et des soucis spécifiques.

En reconnaissant cela et en ayant toutes les informations et la patience nécessaires pour traverser ces différentes phases, les couples seront en mesure d'adopter la solution la plus pertinente.

Phase 1 : prise de conscience et reconnaissance du problème

La plupart des couples pensent qu'ils sont fertiles et croient qu'ils pourront procréer quand ils le voudront. Prendre conscience et reconnaître qu'après des mois ou des années leur rêve d'avoir un enfant ne peut se réaliser, provoque un choc et un sentiment de consternation. La perspective de la stérilité et d'une vie sans enfant peut être si effrayante qu'elle amène à nier l'existence de l'infertilité.

Souvent, c'est la femme qui réalise la première qu'il peut y avoir un problème de fertilité et qui doit d'abord convaincre son partenaire de la nécessité d'aller consulter. Durant cette phase prédominent des sentiments de colère, de dénégation, de culpabilité, de rancune, d'apitoiement sur soi-même et de jalousie. Toutes les émotions et tous les désaccords sont amplifiés et des problèmes mineurs peuvent prendre beaucoup plus d'importance que dans les conditions "normales".

La décision d'aller consulter devrait idéalement être prise à deux, une évaluation des deux partenaires étant nécessaire. Si le couple a connaissance d'un problème préexistant (par exemple un problème médical antérieur pouvant entraîner une infertilité), il devrait immédiatement rechercher une aide médicale. Dans les autres cas, chez les femmes de plus de trente ans, il convient de rechercher une aide après des tentatives infructueuses de procréation de plus de six mois; les femmes âgées de moins de 30 ans devraient faire appel à une aide médicale après avoir essayé de concevoir un enfant pendant une ou plusieurs années.

Phase 2 : Evaluation du diagnostic

Au cours de cette phase, les couples cherchent des réponses. Les examens médicaux auxquels ils se soumettent pour déterminer la cause de leur infertilité peuvent être exténuants et générateurs d'anxiété. Pour de nombreux couples, les examens médicaux deviennent une préoccupation envahissante.

Une fois le problème identifié, certains couples se sentent soulagés d'avoir trouver la cause de leur infertilité qui peut désormais être résolue. Mais pour d'autres, la preuve de l'existence d'un problème peut faire naître des sentiments de culpabilité, de rancune, de colère (pourquoi moi?); ils peuvent également se sentir honteux et gênés de ne pas fonctionner "normalement".

Pour environ 10% des couples, aucune cause spécifique d'infertilité ne peut être identifiée, d'où une amplification de leur stress où, en l'absence d'une cause reconnue, ils peuvent penser qu'un traitement aura moins de chance de succès.

A ce moment, prodiguer des conseils devient un élément encore plus important de la prise en charge et du traitement du problème. Les couples ont besoin de parler à des personnes qui comprennent et connaissent leurs sentiments et d'être assurés que, malgré le caractère envahissant des examens, cette phase est primordiale dans la détermination d'un traitement adapté à leur cas. Des groupes de soutien aux patients et des conseillers expérimentés peuvent souvent jouer un rôle clé à ce stade.

Phase 3 : le traitement

C'est le stade auquel la fertilité gouverne entièrement la vie du couple, où le stress atteint son sommet, lorsque des traitements invasifs peuvent devenir psychologiquement et physiquement épuisants.

La période de traitement est souvent un moment dominé par des sentiments de colère, de frustration, d'anxiété et le sentiment d'être des victimes, des médicaments, des médecins et de la technologie. Les rapports sexuels peuvent devenir une corvée et constituer un terrain favorable à l'expression de diverses émotions négatives.

C'est une période de hauts et de bas émotionnels très intenses. Au début du traitement, les couples connaissent une excitation intense et un grand espoir de succès, pouvant être suivis de déception et de tristesse si une grossesse ne survient pas.

La durée de la phase de traitement est très variable en fonction de la cause de l'infertilité, du type de traitement et des désirs du couple. Pour des couples traités uniquement par thérapie médicamenteuse, 80% obtiennent une grossesse après plusieurs cycles de traitement. Pour les techniques d'assistance médicale à la procréation (par exemple la FIV, les inséminations...), le taux de succès varie entre 10 - 20% par cycle de traitement.

Pour les couples qui n'obtiennent pas de grossesse après plusieurs cycles de traitement, la décision de poursuivre le traitement dépend de leurs désirs et est prise après consultation avec le corps médical.

Phase 4 : résolution du problème d'infertilité

Après plusieurs tentatives infructueuses, arrive le moment où les couples peuvent être amenés à prendre la décision de poursuivre ou d'interrompre la thérapie.

Pour beaucoup, la décision d'arrêter le traitement s'accompagnera de sentiments de chagrin, de vide, de tristesse, d'épuisement et parfois également de soulagement. Cependant, en prenant cette décision, les couples se donnent du temps pour redéfinir leurs priorités et se fixer des objectifs, ouvrant ainsi la voie à une résolution de leur problème.

Pour certains, la solution consistera à s'accorder une pause dans le traitement et essayer à nouveau plus tard; pour d'autres, ce sera la décision d'adopter, d'autres encore décideront délibérément de mener une vie sans enfant.

Faire face à l'infertilité
Chacune des phases pose des problèmes physiques et psychologiques spécifiques, mais des conseils généraux peuvent aider à faire face à tous les stades et à soulager le fardeau psychologique.

Les conjoints :

  • doivent traverser ces moments difficiles ensemble - c'est le couple qui est traité et non un individu. Les deux partenaires devraient, si possible, être présents à chaque visite chez le médecin;
  • devraient communiquer régulièrement entre eux et être conscients que des sentiments de colère, de frustration et d'anxiété sont normaux. Savoir les partager peut aider à les surmonter;
  • devraient lire le plus possible sur l'infertilité et en parler avec des personnes ayant connu des problèmes similaires;
  • devraient accepter de traverser des périodes de dépression et d'anxiété;
  • devraient rechercher un soutien psychologique auprès d'amis, de membres de leur famille, ou d'un groupe de soutien aux couples infertiles;
  • devraient savoir arrêter le traitement avant que leur découragement et leur sentiment d'impuissance ne deviennent incontrôlables.

Résumé :

Crise L'infertilité est une crise très profonde dont les aspects psychologiques sont souvent ignorés et non traités.
Un chemin difficile Le chemin à parcourir de la prise de conscience et de la reconnaissance du problème d'infertilité jusqu'à sa résolution est une spirale émotionnelle qui passe par quatre phases principales.
Phase I : Prise de conscience Prise de conscience et reconnaissance de l'existence d'un problème. C'est la phase durant laquelle prédominent des sentiments de colère, de dénégation, de culpabilité, de rancune, d'apitoiement sur soi-même et de jalousie.
Phase II : Diagnostic Evaluation et diagnostic du problème. Au cours de cette phase, les couples cherchent des réponses. Les examens qu'ils subissent pour déterminer la cause de l'infertilité peuvent être exténuants, générateurs d'anxiété et consommateurs de temps. Une fois le problème identifié, les couples peuvent ressentir de la culpabilité, de la rancune, de la colère, de la honte et de la gêne.
Phase III : Traitement Début du traitement. A ce stade, la fertilité et le désir de procréer dominent la vie du couple. Le stress est à son maximum et le couple ressent souvent de l'angoisse, de la frustration. Cette phase est jalonnée de moments de grand espoir au début du traitement, suivis de périodes dépressives s'il échoue.
Phase IV : Résolution Résolution du problème d'infertilité. Chez les couples pour qui le traitement n'a pas réussi, la décision d'arrêter le traitement peut s'accompagner de chagrin, de sentiment de vide, de désespoir et de tristesse, mais également de soulagement. C'est le moment de redéfinir des priorités et de changer d'objectifs. Les couples peuvent décider de faire une pause dans le traitement, d'adopter ou de vivre sans enfant.
En commun Au cours de chacune de ces phases, il est primordial que les deux partenaires agissent ensemble et communiquent sans cesse entre eux.
Vivre avec Les couples ont également besoin
(a) d'acquérir un maximum de connaissance sur l'infertilité,
(b) de laisser s'exprimer leur anxiété,
(c) de partager leur désarroi avec autrui (amis, membres de la famille, groupe de soutien, conseillers) autant qu'ils le jugent nécessaire.



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Publié dans FIV ICSI

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M
voilà un article qui a le mérite d'être clair, merci Aline, comme toi j'ai des jours avec et d'autres sans. Courage et bisous
Répondre
A
<br /> <br /> j'espére n'avoir zappé le moral de personne ! parfois je trouve que ça devient compliqué pour avoir des enfants, alors que cela à l'air si simple pour les autres ! Bisous<br /> <br /> <br /> <br />