un peu de moi
Je voudrais revenir sur l'article de Bonnemine "décalage sentimentale", il est vrai que lorsqu'on n'a pas d'enfants, il y a comme un fossé qui se creuse avec les amis qui deviennent parents, et je pense que c'est encore pire quand on est en essai bébé ... Mais voilà qu'un jour la roue tourne et qu'on devient aussi parents et on se retrouve à parler de ce qu'on ne supportait pas chez les autres : les enfants ! Je me souviens lorsque j'ai annoncé ma grossesse à mon travail, c'était devenu le sujet favori de mes collégues, mais pas le mien ! au point qu'un jour, j'ai dû mettre les points sur les i, oui je suis enceinte, mais c'est pas la peine d'en parler tous les jours, j'avais envie de parler d'autres choses d'une part, et que deuxiément, on est préparé au pire avec la PMA, alors je préférais ne pas en parler, garder cette grossesse, son évolution pour moi, je voulais penser à autres choses surtout avec les événements qui ont suivis, j'avais besoin de me changer les idées. Certaines personnes ont compris, d'autres non, mais c'est pareil, c'était mon choix de ne pas vouloir en parler ! en revanche, je me suis surprise lorsqu'un couple d'amis sont passés cet été, de leur expliquer les difficultés de trouver une poussette, et plus je parlais, et plus, au fond je me disais "mais tais toi donc, qu'est ce qu'on s'en fou des péripéties de la poussette" mais je n'y arrivais pas ! Pourquoi ? parceque j'étais en arrêt et que je n'avais rien à dire ! je ne pouvais pas parler d'une derniére balade en moto, ni d'un dernier film vu au cinéma etc ... on ne sortait plus, on était à fond PMA, ensuite j'ai été limité dans mes déplacements ! Qu'est ce que j'ai pu m'en vouloir d'avoir parlé de cela, surtout que je suis sûr qu'ils s'en foutaient royalement !
ce que je comprends fort bien ! les pauvres ! et aujourd'hui, ça continu, souvent on me demande des nouvelles de MOI ! et je réponds par rapport à mes filles ! mais cela ne réponds pas à la question. Il faut dire que je passe 24h/24, 7j/7 avec elle, que je ne sors pas alors forcément pas grand chose à raconter et puis, j'ai dû mal aussi maintenant à dire ce que je ressens, je n'ai pas envie d'avouer parfois que je suis fatiguée (on a tellement galéré, souffert pour avoir des enfants, il y en a tant qui voudrait être à ma place, que je n'ai pas le droit de ne pas me sentir parfois à la hauteur, de craquer physiquement et psychologiquement) J'ai revêtu le masque qu'on a tant appris à porter lorsqu'on est en parcours PMA, sourire quand on a envie de pleurer, parfois je me pose la question peut être que ce sont des larmes de joies en fait cette fois ! comment cela pourrait en être autrement ?! je suis comblée. Faut-il que j'avoue que je vis dans la peur, qu'il y a des jours où j'arrive à ne pas m'angoisser, à ne pas "entretenir mon stress" (comme dirait zhom) me dire que mes filles vont bien, et que j'aurai le temps de m'inquiéter le jour où elles seront malades, et puis, il y a des jours, où la peur est plus forte, je n'arrive pas à me défaire de la peur de les perdre, avec tout le parcours, la souffrance qui revient à la surface ! c'est débile ! je le sais ! donc voilà comment je vais ! je vais en fonction de mes filles, je suis devenue maman ! mais je n'ai pas envie qu'on ne voit plus qu'une mére, je suis aussi une femme et ce n'est pas si évident que cela de rester une femme, avec la fatigue, avec les solicitations des enfants, parfois je rêve d'une nuit compléte de sommeil, d'une journée rien qu'à moi de détente, c'est égoïste ! j'adore mes filles, mais j'ai besoin de souffler et elles n'ont que deux mois ! je ne suis peut être pas une mére poule, ou alors je ne suis pas faite pour être une femme au foyer. Le pire c'est de recevoir des amis avec enfants, et que le sujet ne soit que ça : les enfants ! ça me va 5 mins, après, j'ai envie de parler d'autres choses, même de ragots tant que c'est autres choses.